Dossier Urbanisme

Lasne doit rester un village

Lasne doit rester un village est une façon pour nous de dire que nous voulons privilégier pour notre commune un projet à échelle humaine tout en préservant ses atouts (qualité de vie, beaux ensembles architecturaux, environnement préservé). Nous ne voulons pas d’un projet de ville à la campagne (Waterloo en est un exemple) et continuerons à nous opposer à la rurbanisation rampante.

Oser aussi se battre contre des projets mal intégrés comme le fut par exemple le projet de Parc à conteneurs, voulu par le MR lasnois, auquel nous nous sommes fermement opposés (voir sur ce site le dossier « déchets à Lasne »).

Lasne est la commune de Wallonie où il y avait le plus de recours en matière d’urbanisme. Il fallait donc identifier les priorités en réformant le R.C.U. (Règlement Communal d’Urbanisme) dans un esprit d’ouverture et tout en veillant au maintien du caractère villageois de la commune.

Revoir le RCU pour donner plus de force aux projets décentralisés des différentes entités. Reconnaitre leurs différences. Cultiver ces différences, c’est permettre aux habitants de mieux s’approprier leur cadre de vie.

Le projet de ravalement du RCU, déjà promis aux élections de 2006, n’a finalement pas été concrétisé. Pourtant il en fut question bien avant la fin de la précédente mandature, mais par manque de volonté ou par peur de la sanction d’une partie des électeurs, rien n’a abouti. Et 15 mois après les élections de 2012, force est de constater que rien n’a bougé. On semble donc avoir encore raté l’occasion de se reposer les questions de fond et de proposer un RCU plus visionnaire et mieux adapté aux réalités de terrain. Un RCU mieux écrit et plus complet pour éviter les interprétations à la carte que d’aucuns dénoncent. Pourtant la CCATM (Commission consultative de l’aménagement du territoire et de la mobilité) avait été approchée et avait largement donné son avis, notamment par le biais de ses représentants de l’ALL.

L’ALL revient avec son idée de cahiers spécifiques en fonction des différents villages et différents noyaux d’habitats, ce qui permettrait de mieux valoriser les différentes architectures, de mieux respecter l’identité des différents lieux caractéristiques (villages, hameaux, Tiennes, fonds de vallées, périphéries et extérieurs de village, zones sensibles, zones agricoles, etc.) et de permettre une meilleure intégration dans l’environnement bâti et non bâti de la commune.

Recréer des lieux de convivialité et repenser les voiries pour redonner une priorité aux habitants dans les centres de village.

Recréer des lieux de rencontre, recréer des places, redonner un sens à l’urbanisation pour donner vie à des projets de quartier et permettre les échanges qui favorisent la convivialité et accroit la sécurité grâce à un contrôle social plus efficace dans les situations d’insécurité accrue que l’on connait actuellement.

La CCATM doit rester un lieu de concertation important

Une plus grande attention doit-être portée à la préservation des atouts de la commune. L’espace public doit être respecté et les matériaux utilisés doivent être en harmonie avec le lieu. Un exemple concret, l’All s’était émue au conseil communal lorsque le collège avait initialement opté pour des Clinkers pour les trottoirs de la Place d’Ohain, pourtant classée.

En 2015, les normes d’isolation vont changer et devenir plus strictes, il convient de s’y préparer et en attendant de prôner la construction de bâtiment de très basse énergie (30 kWh/m²/an) plutôt que le maintien des normes standards (70 kWh/m²/an) ce qui est une démarche rationnelle. La norme K30 devrait être déjà appliquée en lieu et place du K45 actuel.

Préférer construire un bâtiment très basse énergie (30 kWh/m²/an) plutôt qu’un bâtiment aux normes standards (70 kWh/m²/an) est une démarche rationnelle, faire mieux encore est une démarche de visionnaire que nous pouvons assumer à Lasne.

Une attention particulière doit être portée aux centres de villages et hameaux. Il faut rendre ces espaces aux usagers faibles et en faire des lieux de rencontre. Ces espaces doivent retrouver leur fonction d’origine. Il faut aussi mieux identifier chaque village en respectant les lignes de force de leur histoire.

Il faut redonner une importance prioritaire à l’espace public, souvent relégué au rôle de simple lieu de communication pour les véhicules, voire de lieu abandonné par les habitants. La multiplication anarchique des panneaux d’indication, des panneaux publicitaires, les déchets que les gens abandonnent, les devants de propriétés peu soignés, les haies anarchiques dégradent l’image de l’espace public. Il faut revoir les dernières normes du RCU pour les adapter au contexte bâti et à l’environnement rural que nous souhaitons maintenir.

Si certaines entités évoluent vers un développement semi-rural, voire semi-urbain, dans certains cas limités, il faut donner le choix aux habitants de pouvoir conserver un caractère rural plus prononcé en permettant l’adoption d’un PCDR local (Plan communal de développement rural).

Préserver et entretenir le patrimoine historique est du devoir de toutes les instances publiques qui se respectent. Or, à Lasne, on fait parfois peu de cas de ces précieux témoins du passé. Voir à titre d’exemple le permis d’urbanisme accordé en 2011 pour la construction d’une nouvelle habitation en lieu et place d’une très ancienne grange attenante au Moulin banal d’Ohain, un des plus vieux joyaux de la commune.

Ne parlons pas des monuments historiques comme la Colonne ‘VICTOR HUGO’ et l’AIGLE BLESSE, cédés pour un euro symbolique à la Province au lieu d’en faire un lieu fort de notre patrimoine et par là de s’inscrire dans les projets plus larges de la future ‘Route Napoléon’ ainsi que du site du champ de bataille de Waterloo. On aurait pu créer une activité autour de ce projet et permettre à Lasne d’être un acteur fort et actif de l’histoire napoléonienne. Dommage pour Lasne.

Recréer des places, préserver notre environnement naturel, promouvoir un urbanisme de qualité qui intègre et préserve le caractère rural de l’entité, tel est la volonté exprimée de l’ALL.

Sait-on que Lasne est loin d’avoir occupé l’ensemble de ses zones urbanisables ? Il en reste encore près de 35 %. Les ZACC (zones d’aménagements communales concertées) représentent, si on les met en œuvre, près de 224 ha.

Freiner toute expansion anarchique de notre population

Les ZACC sont habituellement (sauf quelques cas observés comme à Beauvechain), destinées à l’urbanisation. Elles sont transformées la plupart du temps en zones d’habitat, d’équipements communautaires ou d’activités de loisirs, etc. D’autres possibilités d’affectation existent pourtant, telles que la zone agricole ou la zone d’espace vert, qui peuvent être choisies par les communes. Tout dépend du degré d’urbanisation auquel souhaite arriver la commune. Le Schéma de Structure avait en son temps envisagé trois options :

  1. On continue à geler les ZACC (ancienne zone d’extension d’habitat – ZEH) définitivement ou à moyen terme ou encore en attendant d’avoir occupé l’ensemble des zones urbanisables reprises au Plan de Secteur en zone rouge (potentiel de plus de 3000 nouveaux logements – près de 30%). On ose la réaffectation en d’autres zones à vocation de préservation du caractère agricole et naturel en les affectant à ces usages. A Beauvechain, par exemple, 70% des ZACC ont été maintenues en zone agricole. Cela permet, après un cadastre des meilleures terres agricoles, de préserver celles-ci pour les générations futures.
  2. On en gèle une partie en suivant les recommandations du Schéma de structure qui identifie des zones proches des centres habités actuels pour les mettre en œuvre en suivant un ordre de priorité déterminé. Projets d’extensions qui tiennent compte des nécessités économiques, sociales et environnementales (penser aux évolutions constatées en terme de développement des activités mais aussi en préservant les atouts de la commune en terme de paysages, de milieux naturels ou de lieux historiques – voir champ de bataille de Waterloo).
  3. On ouvre toutes les ZACC avec une densification faible à forte, avec le risque de voir Lasne ressembler à Waterloo dans un laps de temps très court.

L’ALL ne souhaite en tout cas pas la 3e option qui augmenterait fortement la densification de la population. Il vaut mieux densifier par préférence les centres de villages et maintenir des zones aérées en dehors de ces centres.