LE CLOCHER DE COUTURE-SAINT-GERMAIN

Cela pourrait être le titre d’un roman, mais c’est beaucoup moins plaisant. Le 10 avril 2017, les riverains de l’église de Couture voient arriver tout un charroi comprenant une immense grue bloquant complètement la voirie de la rue de l’Eglise. Sur place, en dehors de l’équipe du chantier, aucun responsible n’est présent, ni de la Fabrique d’église, ni de la Commune. Pourtant, il s’agit ni plus ni moins que de travaux préparatoires à l’installation d’une antenne GSM. D’une seconde antenne, car le clocher en compte déjà une depuis plusieurs années. Personne, parmi les riverains, n’a été averti de quoi que ce soit. Pourtant l’analyse ultérieure du dossier indiquera que le contrat qui lie la Fabrique d’église avec la Société Ericsson, chargée de l’installation de l’antenne, date déjà de 2015, et que la commune est bien au courant, ayant reçu une « demande de dispense de permis d’urbanisme » octroyée par le Fonctionnaire délégué du Service Public de Wallonie. Par ailleurs l’Echevine de l’Environnement de Lasne siège aux réunions de la Fabrique d’église. Un comble !

Que reprochent les riverains qui se sont regroupés en Comité de Quartier ? C’est avant tout de n’avoir pas été prévenus de l’existence d’un contrat prévoyant l’installation d’une antenne dans le clocher de leur église. Parce que s’ils avaient été prévenus, ils auraient pu suivre l’évolution du dossier et réagir ensemble contre cette installation. Pourquoi vouloir s’opposer à une antenne GSM ? Parce qu’il y en avait déjà une dans le même clocher et que la configuration des habitations autour de l’église est telle que les dangers pouvant provenir des rayons émis est certainement plus élevée ici qu’elle ne l’est pour d’autres édifices de plus grande ampleur. C’est surtout la faible hauteur du clocher, par rapport aux habitations qui suscite des craintes. Les exemples de réactions publiques s’opposant à l’installation d’antennes GSM, dans certaines circonstances, sont légion. Et bien souvent elles sont suivies d’effets, l’antenne projetée étant déplacée en un lieu plus sécurisé ou moins proche des habitations. Ici, c’est l’absence totale d’information sur le projet qui a empêché toute reaction préalable des riverains. Alors qu’une résolution communale lasnoise antérieure stipule qu’en cette matière il y a lieu « d’opter pour des sites les plus éloignés possibles des habitations et d’appliquer systématiquement le principe de précaution ». Ici on en est loin !

Le Collège communal répond que l’installation d’une antenne GSM ne nécessite pas de permis d’urbanisme délivré par la commune lorsque l’antenne est placée dans le clocher d’une église. Il suffit d’une demande de dispense de permis auprès du Fonctionnaire délégué, qui l’octroie sans enquête. Fort bien, mais un clocher n’est pas l’autre et une configuration d’habitations autour d’une église n’en est pas une autre non plus. Il est sans doute regrettable que la Région wallonne octroie des dérogations de manière aussi « légère », apparemment sans analyse du contexte, mais il appartenait à l’autorité communale d’informer préalablement les riverains, ce qu’elle n’a pas fait. Pourtant la littérature relative à ce type d’installation est claire. Que dit le courrier du CRISP ?

« Dans les cas où aucune enquête publique n’est impose par le CWATUP, le Recueil des bonnes pratiques en matière d’implantation d’installations de télécommunications mobiles recommande aux communes – dans un souci de transparence – d’informer le public sur le projet concerné de la manière qu’elles jugeront la plus appropriée. Cette recommendation paraît sage dès lors que la matière s’avère particulièrement sensible. On constate ainsi, dans la pratique, que l’administration régionale invite les communes à organiser une enquête publique sans que la législation ne l’impose explicitement. »

Si l’on peut vivement regretter que la Fabrique d’église n’ait pas cru bon d’informer préalablement « ses » paroissiens de ce contrat pour lequel elle percevra le loyer de cette nouvelle antenne, il faut observer qu’elle n’avait aucune obligation légale de le faire. Il n’en va pas de même pour l’autorité communale pour laquelle on peut considérer qu’il s’agit bel et bien d’une negligence grave dans l’exercice de ses fonctions. Et c’est éminemment regrettable !

Aujourd’hui il appartient à cette même autorité communale de tenir le Comité des Riverains au courant de l’évolution du dossier et de tout mettre en oeuvre pour veiller à ce qu’une mesure du rayonnement électromagnétique soit réalisée dès que l’antenne sera opérationnelle.

Edouard Capaert

Conseiller communal